Connaître le cours d'eau
- Comprendre, aimer pour mieux agir ensemble sur cette rivière...

Source ou pas source ?

Impossible d’enjamber d’une seule foulée la Leyre à sa source. Celle-ci n’existe que par l’écoulement de la nappe phréatique qui remplie les sols de la région. Sa source est donc diffuse, part d’une zone humide, d’une parcelle forestière, d’une parcelle agricole, se réunie par des fossés et suintements dans des barrades, collecteurs ou ruisseaux avant de former un fleuve. Ici pas d’influence de la fonte des neiges des Pyrénées : l’Adour et la Garonne contournent et isolent notre bassin de la Leyre. 

Pourquoi un delta et non un estuaire ?

Le delta résulte de l’accumulation de sédiments au débouché de Leyre dans le Bassin d’Arcachon. Le dépôt de sédiments nest lié à la faible vitesse d’écoulement des eaux de la rivière sous l’influence de la marée. L’équilibre est différent dans un estuaire où le fleuve réussit à évacuer dans la mer ce qu’il transporte. Anciennement constituée d’un estuaire quand elle se jetait directement dans l’océan, Leyre forme depuis 6000 ans un delta dans le fond du Bassin d’Arcachon

Pourquoi l’eau de Leyre est-elle de couleur rouille ?

Depuis qu’elle a creusé son lit dans le plateau landais, l’eau est au contact de l’alios. Ici, la formation géologique du sous-sol est riche de ce minerai à forte composition de fer, appelé aussi “ garluche “... A son contact, l’eau se charge de fer et prend une couleur fauve. Plus loin, les vieux sables océaniques et les bancs fraîchement transportés des crues de l’hiver dernier, laissent aussi des filons blancs et jaunes dans le sillage des eaux devenues alors ambrées.

La Leyre est-elle exceptionnelle ?

95 kms en continu (sans barrage), une lit et des abords 100% nature, des habitats remarquables, des espèces identifiées, un paysage singulier (la forêt galerie) et reconnu, une corridor écologique complété par tous ses affluents, un itinéraire inscrit aux plan des randonnées départementaux (33/40)... Oui, cette rivière est un joyau. Partageons le sans porter atteinte à toutes ces qualités ! En savoir plus...

Comment pêche-t-on à la mouche sur la Haute - Leyre ?

Le cours d’eau n’est pas assez large et dégagé pour permettre un lancer ample. La petite Leyre avec sa voûte végétale oblige « le moucheur » à un lancer « sous le coude » pour déployer la ligne, appelée ici la soie, et la maintenir tendue au-dessus de l’eau afin de ferrer efficacement la truite. Le leurre artificiel utilisé est une mouche sèche, confectionnée à la main à partir de plumes.

C’est quoi cet arbuste visible en berge au débouché de Leyre, sur son delta ?

Les invasions d’espèces exogènes sont, après la destruction des habitats naturels, la deuxième cause d’extinction d’espèces et d’appauvrissement biologique. La façade atlantique française, est confrontée à la présence du Séneçon en arbre, le faux cotonnier (Baccharis halimiifolia L.) qui est une plante envahissante provenant d’Amérique.

Pourquoi tant de sable ?

Lé rivière continue d’entailler le plateau sableux des Landes de Gascogne afin de trouver son équilibre. Pour cela, elle érode, transporte et dépose, les matériaux qu’elle rencontre. Ce phénomène de transport de sable est donc naturel mais il est accentué par les matériaux sableux venant du plateau du fait de l’action de l’homme (fossés, défrichements, réseaux et travaux divers). Vers l’aval, où le sable transite vers le delta, les petites rides appelées barkhanes visibles au fond de l’eau témoignent de ce long voyage vers le Bassin d’Arcachon.

Mais où se cachent les poissons sur Leyre ?

Au milieu de la rivière, l’eau est claire et peu profonde et le sable prédomine. C’est ici que le flet (poisson plat ressemblant à la sole) séjourne, discret par son mimétisme et que les larves de lamproies naissent. Sur les bords, où les eaux sont plus vaseuses et profondes, s’implantent des herbiers aquatiques et s’entrelacent des branches d’arbres, caches idéales pour de nombreuses espèces de poissons : brochets, goujons, vandoises, vairons, anguilles…

Pied ou pas pied ?

Il est important de suivre les débits, les hauteurs de crues, les niveaux d’étiage. Une échelle graduée est installée pour ceux qui vivent et pratiquent le cours d’eau en canoë ou à pied. À chacun de s’approprier cet outil d’évaluation pour profiter de la rivière en toute sécurité. Mais pour le promeneur d’un jour, il est bon d’être prudent et de se méfier des trous d’eau, surtout quand l’eau est peu transparente (après les pluies). Dans tous les cas, il faut garder les chaussures au pied !

Pourquoi l’eau de la rivière ne passe pas au travers du sable ?

Sous le sable apparent, se cache une roche mère imperméable qui empêche l’eau de s’écouler plus profondément. L’hiver, l’eau des pluies s’infiltre lentement dans le sol depuis les terres planes de la Lande. Cette eau accumulée forme la nappe phréatique qui alimente la rivière lors de la saison sèche. Leyre est donc une longue entaille dans ce grand réservoir. Vous pourrez observer malgré tout, localement d’autres matériaux tels que des argiles et des graviers.

C’est quoi cette tour au coté du Pont de Salles ?

Au début du XVIème siècle, il est fait mention dans une charte de « droits de péage pour la traversée de Leyre qui se faisait, par l’intermédiaire d’un passeur, à bord d’un bateau appartenant au seigneur. Il est probable que la tour qui se trouve en bord de Leyre près du pont soit l’ancienne demeure du passeur. Les dimensions du bac devaient être d’une longueur de 10 mètres sur 3,25 mètres de large ». Gué et passeurs ; extraits de l’article de Jean-Jacques Cluzeau, « Le passage de la Leyre » , in Salles : bulletin municipal, août 1998.